Dérives sur internet au Sénégal, sensibilisons les internautes Sénégalais #NetAttitude


Comme nous avons a pu le constater ces derniers jours sur la toile sénégalaise, une série de dérives sur les réseaux sociaux et internet occupe l’actualité. Bien avant ces nouvelles dérives, il y a eu également beaucoup d’histoires rocambolesques dont les principaux canaux de diffusion étaient les réseaux sociaux et WhatsApp.
Aujourd’hui, nous ne pouvons nier la capacité de transmission de l’information à grande vitesse et à grande échelle qu’offre Internet. Il n’est pas facile de contrôler cette information car c’est une masse importante de données qui est diffusée sur la toile. Par contre, il est du ressort de tous les citoyens d’être conscients des bienfaits et méfaits de cet outil, de sensibiliser les proches dans leur différente communauté.

loi-pour-restreindre-les-reseaux-sociaux-au-senegal-la-reponse-sans-equivoque-du-monde-des-tic-1117883

Historique de quelques dérives sur la toile sénégalaise

Avant de faire l’historique des faits, nous vous renvoyons à notre article sur l’évolution du numérique au Sénégal pour mieux comprendre comment une partie de la population s’est appropriée les réseaux sociaux pour en faire leur cadre de discussions, de partages et de débats.

Pour revenir sur l’historique des dérives sur internet au Sénégal, durant les années 2009- 2010, à l’époque nous étions toujours étudiants, il y a eu cette femme dont les photos compromettantes faisaient le tour de la toile. Nous ne rentrerons pas bien évidemment dans les détails afin de respecter la vie privée de cette personne. Cette histoire n’a pas eu le même buzz que les histoires que nous rencontrons aujourd’hui et pourtant, ceux sont les même faits. Cela peut s’expliquer par le fait qu’à l’époque, le taux de pénétration d’internet au Sénégal était faible, Facebook et Twitter venaient juste d’arriver et Whatsapp n’existait pas encore. Il était moins facile pour ce genre d’incident d’être viral.

Une fois qu’internet a été démocratisé et vulgarisé, en plus de l’arrivée des réseaux sociaux et de whatsapp, d’autres dérives ont vu le jour. Parmi eux ont peut citer les cas de Déesse Major, Mbathio, le tatoueur Tico et bien d’autre cas.

mobile-internet

Il y a eu aussi le cas Ouleye Mané, qui avait suscité beaucoup d’engouements . En effet, c’est l’un des premiers cas qui a fait connaître aux internautes l’existence de sanctions pénales pour certaines pratiques sur internet. Nous reviendrons sur les lois dans les paragraphes à venir. Mais, il est important de savoir qu’au Sénégal, il y a, au niveau de la police, une division uniquement consacrée à la cybercriminalité. Pour votre information, il y a eu 1000 plaintes enregistrées par cette division et environ 125 personnes ont été déférées au parquet (Source: Rewmi).

Existence de lois sur le numérique mais méconnues auprès de la population

Au Sénégal, il n’y a plus de vide juridique pour les questions du numérique et d’internet plus spécifiquement. Il existe 4 lois et il y a le nouveau code de communication qui va bientôt être surement validé par l’assemblée nationale. Les 04 lois qui existent sont les suivants:

  • Il y a la loi sur les transactions électroniques qui couvre les secteurs du e-commerce et e-services au Sénégal
  • Il y a  la loi n° 2008-10 du 25 janvier 2008 portant loi d’orientation sur la Société de l’Information (LOSI)
  • Il y a  la loi n° 2008-11 sur la cybercriminalité
  • Il y a Loi n° 2008 – 12 sur la Protection des données à caractère personnel

Capture d’écran 2018-11-21 à 13.38.36

Comme vous avez pu le constater, toutes ces lois existent depuis au 2008 et 10 ans plus tard, elles restent méconnues  de la majeure partie des sénégalais.

Aujourd’hui, beaucoup d’internautes pensent que le caractère virtuel du web leur confère le droit de faire tout et n’importe quoi sans pour autant devoir rendre compte. On peut conclure qu’il y a un problème de communication et d’information.

Problème de sensibilisation et absence de politique de régulation

En analysant l’environnement numérique du Sénégal, on constate qu’il y a les lois, l’existence de l’Agence de Régulation des Télécommunications et postes (ARTP), la Commission des Données Personnelles et la division de la cybercriminalité.

L’ARTP est là pour contrôler et surveiller les opérateurs et fournisseurs d’accès à internet, il y a la CDP qui s’occupe des données personnelles des internautes sénégalais et la division de la cybercriminalité qui lui, se charge des personnes qui enfreignent la loi sur le net. Aujourd’hui, toutes ces entités sont plus dans la réaction mais n’ont pas une politique de prévention à travers une vaste campagne de sensibilisation.

En faisant la promotion de la vulgarisation du numérique et d’internet et en essayant de faciliter l’accès à la population, il y a une donnée importante qui a été oubliée. Il s’agit de l’internaute sénégalais, quel est son niveau de compréhension de l’utilité de cette démocratisation?  quelle utilisation fait-il du web ?

En février 2017, nous avions déjà commencé à avertir sur l’utilisation de l’internet que font les  sénégalais grâce aux indicateurs que nous donnaient google sur ce que recherchaient les sénégalais sur internet. En mars 2018, nous rappelions le besoin d’avoir une entité de régulation car en analysant le comportement des internautes, c’était sûr que les dérives sur internet aller franchir un nouveau palier.

Pour conclure, on a balancé un outil sans mode d’utilisation à une masse (50% d’analphabètes au Sénégal) qui ne sait pas comment faire une utilisation efficiente de cet outil qui peut être une alternative aux problèmes sociaux, économiques, éducatifs que nous rencontrons.

Nous appelons tous les acteurs de ce milieu et toutes les bonnes volontés qui connaissent et comprennent les réalités et l’utilité d’internet de sensibiliser leurs frères et soeurs sur les dangers mais aussi parler des avantages qu’offrent les réseaux sociaux et internet. S’il y a une politique de prévention, d’éducation et de formation à l’échelle micro, on pourra essayer d’atténuer cette recrudescence des dérives sur internet.

Nous demandons aussi à l’etat de mettre en place un cadre et une politique de régulation différente de celles qui existent déjà.  

Nous demandons aussi aux entités (Opérateurs, Media, société civile etc…) de mettre en place des campagnes de sensibilisation,  à l’échelle macro. Faire une vraie campagne en allant à la rencontre des personnes qui ont besoin d’être conscientisées, de faire de la pub à la télévision et à la radio, les acteurs du milieu doivent eux aussi aller au delà d’internet et faire le tour des plateaux télé et radio, de faire des tournées de sensibilisation dans les écoles et les lycées pour que les plus jeunes prennent conscience du pouvoir de ce merveilleux outil qu’est l’internet.  

Dérives sur internet: Un problème pas seulement sénégalais mais mondial

Lorsque nous lisons les commentaires sur les réseaux sociaux, on croirait que ce problème existe uniquement qu’au Sénégal mais ce n’est pas le cas et le Sénégal est un petit joueur.

Quelques semaines plus tôt, en France, un jeune élève avait braqué sa prof et cette scène filmée a été partagée par la suite sur les réseaux sociaux et cet incident à fait le tour des plateaux de télévisions françaises. Il y a eu aussi l’épisode de la purge.

Aux Etats Unis, nous avons l’épisode des leaks des hommes politiques, des photos compromettantes de célébrités ont fait le tour des réseaux sociaux.

Les grandes puissances ont compris l’importance de mettre en place des politiques de régulation afin de contrôler et diminuer toutes ces dérives.

Le Sénégal n’a pas pas encore atteint ce niveau de maturité numérique, certains ont peur que ces dérives n’incitent l’Etat à agir plus rapidement avec le nouveau projet de loi du code de la communication dont le dernier alinéa de l’article 27 peut être interprété comme une future notion de censure voir de blocage des réseaux sociaux et whatsapp.

Pour finir, en tant qu’internaute, nous demandons à avoir notre liberté d’expression mais nous avons aussi le devoir de faire attention à ceux que nous postons et partageons dans nos différents réseaux sociaux.

Merci de votre attention…

@NattySeydi – Utilisateur d’internet

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *