Du Barcamp Gorée 2009 au #ForumSenegalNumerique18, l’évolution du numérique au Sénégal


Le Jeudi 15 Mars 2018 s’est tenu la première édition du Forum Numérique au Sénégal, présidée par S. E. Macky Sall.

Le forum s’est tenu au Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamnadio. Il regroupait près de 600 acteurs du numérique au Sénégal. La jeunesse était fortement représentée.  L’objectif de cette rencontre était d’annoncer les mesures de l’Etat dans sa stratégie numérique d’ici 2025. Des choses intéressantes ont été dites et des promesses ont été faites par le Président de la République. Nous vous renvoyons au compte twitter de la Présidence du Sénégal  pour retrouver l’intégralité du discours.

https://twitter.com/PR_Senegal/status/974297041298952193

Le but de cet article n’est pas de revenir sur le contenu du forum mais de parler de la symbolique qu’il y a derrière le #ForumSenegalNumerique18 pour nous, acteurs de la vulgarisation du numérique depuis bientôt presque 10 ans. Ce billet de blog est une strorytelling. Il raconte comment on s’est impliqué pour que l’Etat du Sénégal prenne conscience de l’importance du numérique et mette en place une politique pour booster le secteur.

 

 

Evolution du numérique au Sénégal: Logistique, Hardward et Infrastructures

Le numérique est un secteur au Sénégal qui a connu une forte évolution et une croissance importante. Au début, il n’y avait qu’un seul et unique FAI (Fournisseur d’accès Internet), ARC. L’internet à domicile n’était pas très développé et coûtait cher. Ceux qui ne l’avaient pas  devaient aller jusqu’au “Metissacana”, premier cybercafé de Dakar ouvert à la fin des années 90, et payer 3000 Fcfa pour une heure de connexion. Le taux de pénétration internet est passé de 10% en 2009 à 57% en 2017. Le taux de pénétration mobile a également connu une importante croissance. Avant, il fallait avoir au moins 100.000 fcfa pour avoir un smartphone et maintenant, avec 25.000 FCFA, on a un smartphone. Avec 100 FCFA, vous pouvez acheter un pass mobile alors qu’il y a quelques années, pour avoir internet, il fallait souscrire à l’offre ADSL 512Kb/s à 25.000 Fcfa/mois. Il y a plus de cartes SIM en circulation que d’habitants au Sénégal.

Il y a un mot que les “experts” du numérique utilisent souvent quand il s’agit de parler du domaine: “écosystème”. En effet, le numérique est un écosystème et le hardware (technologie et logistique) est le coeur de ce secteur. Il faut avoir un téléphone ou ordinateur ou une tablette et internet pour avoir un environnement numérique. Vu que nous sommes dans un pays pauvre, faciliter l’accès en diminuant les coûts était et est nécessaire dans la campagne de vulgarisation du numérique. Aujourd’hui, nous avons 5 FAI au Sénégal(Tigo, Orange, Expresso, Waw Telecom et Arc Senegal). Ces derniers fournissent plusieurs types d’offre. L’ADSL, La 3/4G et la fibre optique sont les technologies qu’offrent les FAI. Ils proposent aussi des dominos, des modem wifi, des lignes spéciales. Même si, la qualité de la connexion n’est pas optimale c’est quand même des efforts qu’il faut saluer. Assurer l’accès à internet et aux outils du numérique est primordial.

FACT : 95% de la connexion internet au Sénégal passent par les objets mobiles (clés internet, domino, modem wifi, téléphones, tablettes). Rapport ARTP Juin 2017

Barcamp Gorée 2009

Un Barcamp est une rencontre où chaque participant vient avec une présentation qu’il partage avec le public. Ainsi, chacun apprend de l’autre pour favoriser la culture du partage. La première édition a eu lieu en décembre 2009. Pendant deux jours, les participants étaient à la Maison d’Education Mariama Ba de Gorée (île à 4km au large de Dakar), où ils parlaient d’informatique et de digital. La salle était constituée d’étudiants en informatique, de professionnels du domaine et de quelques curieux. Pas besoin de vous dire qu’il était impossible d’avoir des sponsors pour organiser ce genre d’événement.

Barcamp Gorée 2010

Barcamp Gorée 2010

Les gens ne comprenaient pas ce que nous faisions et ne voyaient pas l’intérêt d’investir dedans. Heureusement pour nous qu’il y avait Google Africa et l’Agence De l’Informatique de l’Etat (ADIE) pour accompagner cette activité. Des personnes comme Tidjane Deme, Tidjane Seck, Olivier Sagna, Alex Corentin et d’autres ont vraiment contribué à la promotion de l’informatique et du numérique. Ils ont très tôt compris les enjeux. La première édition du Barcamp fut un immense succès. Ainsi, nous avons refait l’événement en 2010 et 2011.

Avec DakarLUG (Dakar Linux User Groupe) nous avons continué à organiser nos Install Party. Les Install Party étaient des sessions où on présentait les logiciels libres auprès des participants. L’objectif était de faire connaître les logiciels libres à la masse, car ces derniers sont une alternative aux logiciels où il faut payer une licence pour l’avoir (exemple: Microsoft Office).

Journée Mondiale des Logiciels libres.

Journée Mondiale des Logiciels libres.

Nous avons toujours continuer nos formations. En plus des Install Party, il y a eu le CodeCamp que les étudiants de l’Ecole Supérieur Polytechnique (ESP) de Dakar organisaient. Il y avait aussi les sessions que nous faisions avec Google Technologie User Group (GTUG) pour faire la promotion des outils de Google comme gmail, google doc, google app et google map.

Toutes ces formations avaient pour but d’imprégner les acteurs et les futurs acteurs à la technologie et au digital. Il fallait montrer aux gens que le numérique était une aubaine pour le Sénégal, car il permettait de régler des problèmes.

 

Le réseau des blogueurs, #Sunu2012, #Sunucause et le #NdadjeTweetUp

Comme vous l’aurez constaté en parcourant l’article, nous parlons que des actions réalisées avec les professionnels du secteur. On s’est rendu compte qu’il fallait toucher les internautes sénégalais pour franchir un autre cap. Nous savions que ces internautes sénégalais étaient présents en masse sur les réseaux sociaux. Nous avons décidé de créer le réseau des blogueurs en 2010 pour envahir ses canaux de communication.

Avec l’avènement du web 2.0, les réseaux sociaux étaient l’endroit parfait pour faire comprendre au sénégalais que le numérique à travers le web n’était pas que l’affaire des informaticiens ou geeks. #Sunu2012 (monitoring de l’élection présidentielle de 2012 en ligne et sur les réseaux sociaux) et #Sunucause (Web sociale) nous ont permis de toucher cette population et les impliquer dans les campagnes de démocratie participative que nous faisions.

L'équipe #Sunu2012

L’équipe #Sunu2012

Le NdajeTweetUp est un cadre de rencontre mis en place afin d’aider cette population locale présente sur les réseaux sociaux à mieux comprendre et bien utiliser le numérique. On constate aujourd’hui que les réseaux sociaux occupent aussi importante place dans l’écosystème numérique. Pendant longtemps, les gens ont assimilé le numérique au Sénégal au Community Management, juste pour vous montrer la place qu’occupe les réseaux sociaux au Sénégal. Les sénégalais se sont appropriés les réseaux sociaux, ils font des actions sociales (Don de sang), certains y vendent leurs produits et d’autres y ont un cadre pour des débats politiques.

 

Le secteur privé crée des emplois

Au Sénégal, le secteur privé est fortement présent dans le numérique. On a des entreprises qui proposent des services dans le domaine. Parmi eux on peut citer les opérateurs (Orange, Tigo et Expresso), les sites de e-commerce et de classifieds (Jumia, Afrimarket, Africashop, Expat etc…) les agences de communication/marketing digital (Caractère, Nelam Service, People Input) et les incubateurs/co-workingspace (JokkoLabs, CTIC et Synapse).

Ces entreprises ont créé des emplois et permettent aux professionnels du secteur de gagner en expérience dans le domaine. Il y a aussi les startups comme OuiCarry, ADN, PayDunia, Peps, etc. qui sont là et qui une fois devenus rentables vont eux aussi créer des emplois.

En gros, ce que nous essayons de dire c’est que le numérique est un secteur en pleine croissance et qui peut être durable face aux problèmes de création d’emplois.

 

Quel Avenir aprés le #ForumSenegalNumerique18?

Il est important pour la suite d’avoir un cadre. Ce cadre doit être posé et régulé par l’Etat. Si, aujourd’hui, on voit le Président de la République du Sénégal organiser un Forum pour parler de la stratégie numérique d’ici 2025, nous devons être ambitieux et optimiste car comme énoncé plus haut, le numérique n’avait jamais été une priorité pour l’etat du Sénégal. Certains disent que le forum est une perte de temps etc… mais c’est la finalité d’un travail de 10 ans pour l’intégrer dans la politique du gouvernement sénégalais.

Copyright - Presidence.sn

Copyright – Presidence.sn

Nous nous devons de comprendre que l’Afrique francophone est en retard par rapport à l’Afrique anglophone. Certes la maturité des marchés est différente, mais le Sénégal a le potentiel pour se positionner comme étant le pôle numérique de l’Afrique Francophone afin d’attirer les fonds d’investisseur. Le B2B est un secteur qui marche bien, Atos en est un exemple. Il faut que le B2c marche, les startup doivent être rentables pour pouvoir continuer à s’agrandir et créer des emplois par la même occasion.

Nous invitons les acteurs du numérique au Sénégal à se rapprocher du service public afin de les aider à mettre en place ce cadre. Ils ont besoin de ressources humaines qui connaissent vraiment les enjeux qu’il y a derrière.

Attention: Nous n’avons pas dit que c’est à cause de nos actions que le numérique a connu une croissance et évolution. Nous voulions vous montrer à travers notre expérience, qui a commencé en 2008 avec DakarLug, comment le numérique a bien évolué (dans le bon sens) au Sénégal.

 

Merci de votre attention…

Credits phots: presidence.sn

 

@NattySeydi – Utilisateur d’internet

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